« il ne faut pas faire ce métier pour sauver des enfants » : on a suivi une famille d’accueil près de paimpol
17-03-2025
le 03 mars 2025 à 11h42
À Plourivo, près de Paimpol (22), Laëtitia Meudal a quitté son travail pour devenir famille d’accueil. Elle s’occupe de trois enfants, en plus de ses deux filles. Le métier peine à recruter et ouvre rarement les portes aux médias. Cette Costarmoricaine a accepté qu’on partage son quotidien, le temps d’une journée.
« Il ne faut pas faire ce métier pour sauver les enfants. Au début, on fait un peu les superhéros mais ce sont des enfants quand même très carencés, de par les situations de violence ou d’abandon qu’ils ont connus. On leur apporte de la stabilité, de l’affection, on leur donne les clefs pour se débrouiller un peu dans la vie. Des fois, ça prend, des fois ça ne prend pas. On peut avoir un sentiment d’échec », confie Lætitia Meudal.
Cadre administrative, elle est devenue assistante familiale il y a six ans, comme sa mère avant elle. Pas de statut, un salaire précaire, un travail isolé, sept jours sur sept avec peu de congés : le métier demande un engagement au quotidien, « une véritable vocation » pour elle.
« Il faudrait qu’on en recrute 40 à 50 par an »
Dans les Côtes-d’Armor, 4 600 enfants sont accueillis au sein de l’aide sociale à l’enfance. « On a encore, aujourd’hui, 100 enfants en attente d’un lieu de placement, un chiffre qui ne diminue pas depuis le début du mandat. On fait face à deux difficultés : la crise sociale qui ne fait qu’augmenter le nombre d’enfants placés et la diminution du nombre d’assistants familiaux. Il y en 534 actuellement. On en perd une trentaine par an. Il faudrait qu’on en recrute 40 à 50 par an », indique la vice-présidente du Département en charge de l’enfance-famille, Cinderella Bernard.
Partage, tolérance, attachement et difficulté de séparation. Les émotions ne manquent pas chez Lætitia Meudal. Du rendez-vous chez la psychologue pour Héléna, 9 ans, à l’activité cirque de Noélyne, 7 ans, notre journaliste l’a suivi dans son quotidien, un mercredi.