Aide sociale à l’enfance : le recul des familles d’accueil se confirme en 2024
03-07-2026
Alors que le nombre d’enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance (ASE) continue de progresser, la place des familles d’accueil poursuit son recul. Selon les dernières données publiées par la Drees, les assistants familiaux n’accueillent plus que 35 % des enfants confiés, contre 56 % en 2006.
La Drees souligne que « les établissements habilités constituent, pour la troisième année consécutive, la modalité d’accueil la plus fréquente ». Fin 2024, ils accueillent 40 % des enfants confiés à l’ASE, devant les assistants familiaux (35 %). Les 25 % restants sont accueillis selon d’autres modalités : hébergement autonome, placement à domicile, accueil durable et bénévole, accueil chez la future famille adoptante ou encore dans l’attente d’un lieu d’accueil. Cette évolution marque un véritable changement dans les modalités de prise en charge des enfants protégés.
Des besoins toujours plus importants
Ce recul des familles d’accueil intervient alors que les besoins continuent d’augmenter. Au 31 décembre 2024, 392 600 enfants et jeunes de moins de 21 ans bénéficient d’au moins une mesure d’aide sociale à l’enfance, soit une hausse de 1,5 % en un an. Ils représentent désormais 2,4 % des moins de 21 ans. Parmi eux, 224 700 bénéficient d’une mesure d’accueil en dehors de leur milieu de vie habituel et 180 800 d’une action éducative à domicile. Comme le rappelle la Drees, « certains jeunes peuvent bénéficier simultanément d’une mesure d’accueil et d’une action éducative ».
Les chiffres publiés montrent que cette tendance ne date pas d’hier. Entre fin 1998 et fin 2024, le nombre de mesures d’ASE a été multiplié par 1,5, pour atteindre 405 500 mesures. Le taux de recours est ainsi passé de 16,6 à 24,6 mesures pour 1 000 jeunes de moins de 21 ans. La progression du nombre d’enfants accueillis s’explique notamment par l’augmentation des prises en charge des mineurs non accompagnés ces dernières années, mais aussi par celle des jeunes majeurs. Fin 2024, 32 600 jeunes majeurs bénéficient d’une mesure d’accueil.
Une profession confrontée à un défi de renouvellement
Si les statistiques de la Drees ne détaillent pas les causes de la diminution des accueils familiaux elles confirment une tendance observée depuis plusieurs années sur le terrain. De nombreux départements peinent à recruter de nouveaux assistants familiaux tandis qu’une partie importante des professionnels approche de l’âge de la retraite. Le métier, pourtant indispensable à la protection de l’enfance, reste confronté à des conditions d’exercice de plus en plus exigeantes. Pour les enfants qui ne peuvent temporairement vivre dans leur famille, l’accueil chez un assistant familial est pourtant la solution la plus stable.
Cette question de la baisse d’attractivité du métier est d’ailleurs au cœur du projet de loi sur la protection des enfants, présenté fin mai en Conseil des ministres. Le texte prévoit notamment un certain nombre de mesures pour soutenir la profession. Des orientations jugées insuffisante par les représentants des assistants familiaux qui ont déposé plusieurs amendements lors de l’examen du projet de loi à l’Assemblée nationale.
Des dépenses en hausse
La hausse des besoins se traduit également dans les dépenses des départements. En 2024, les départements ont consacré 11,7 milliards d’euros à la protection de l’enfance. Ces dépenses sont « consacrées à 80 % aux mesures d’accueil à l’ASE », précise la Drees, Elles progressent de 6,7 % en euros courants par rapport à 2023. La dépense annuelle moyenne d’accueil par bénéficiaire atteint 42 400 euros, avec des écarts selon les départements, notamment en fonction des modes d’accueil privilégiés.
En 2024, la dépense annuelle moyenne d’accueil par bénéficiaire est de 42 400 euros au niveau national. Des disparités départementales peuvent apparaître en lien avec la structure de l’offre d’accueil dans le département. « Les dépenses d’accueil par bénéficiaire ont ainsi tendance à être plus élevées dans les départements qui recourent davantage aux placements en établissement ou aux autres modes de prise en charge hors famille d’accueil.», indique la Drees.